La Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE), notamment au sein des groupes multinationaux, constitue un thème central tant sur le plan national qu’international. La problématique réside dans la complexité de l’organisation juridique des entreprises multinationales, résultant des limites du rattachement unitaire et du pluralisme juridique.
[...]
Cette fragmentation permet aux sociétés d’un même groupe de pratiquer le forum shopping pour échapper au contrôle de la loi, entraînant des violations sans réparation ou laissant des victimes sans recours. Initialement volontaire, la RSE tend à se renforcer par des dispositifs contraignants (reporting, devoir de vigilance, loi Pacte), soutenus par des normes internationales (UNGPs, Pacte mondial, OCDE, ISO 26000, GRI). Cette recherche propose d’utiliser la RSE pour responsabiliser les sociétés mères, combler les lacunes législatives et faire face aux défis de la territorialité, notamment par son effet d’extraterritorialité. Qualifiée de lex mercatoria, coutume privée fondée sur l’autorégulation, elle constitue une étape vers sa reconnaissance comme coutume internationale. La RSE peut être envisagée comme source d’obligations ou de droit, en raison de la cristallisation progressive de sa reconnaissance comme coutume internationale. La recherche conclut à une harmonisation internationale, fondée sur une codification matérielle des principes de RSE, pour réguler les activités des groupes multinationaux.. Corporate social responsibility (CSR), particularly within multinational groups, constitutes a central theme at both national and international level. The issue resides in the complexity of the legal structure, resulting from the limits of unitary connecting factors and the challenges of legal pluralism. This fragmentation allows companies within the same international group to engage in forum shopping to escape legal’s control, and judicial supervision, leading to violations without remedy or victims without accepted legal action. Initially voluntary, it tends to be reinforced through binding mechanisms (reporting, due diligence, Pacte law), supported by international standards (UNGPs, Global Compact, OECD, ISO 26000, GRI). This research proposes using CSR to hold parent companies accountable, fill legislative gaps, and address territorial challenges, particularly through its extraterritorial effect. Considered as lex mercatoria, a private custom based on self-regulation, CSR represents a step toward its recognition as an international custom. It may be seen as a source of obligations or of law, through progressive recognition as an international custom. The research concludes that international harmonization, based on a material codification of CSR principles, is needed to regulate the activities of multinational groups.